CRISE DE RADIATIONS À FUKUSHIMA : LE TRAVAIL DÉCENT EST UN DROIT HUMAIN

Masako Miyake 4Par Masako Miyake, SNDdeN
« Le travail décent » est apparu dans « l’agenda pour le 21ème siècle » de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) en 1999. J’en ai entendu parler dans la discussion du troisième comité de l’Assemblée générale au sujet des droits humains. Un agenda d’un « travail décent pour tous » basé sur les droits, l’emploi, la protection et le dialogue social offre des opportunités de travail productif qui donne un revenu juste, de la sécurité sur le lieu de travail et une protection sociale pour les travailleurs et leurs familles.

Fukushima2L’agenda pour un travail décent se focalise essentiellement sur les migrants, les jeunes et les femmes. Mais « travail décent » me rappelle les travailleurs à l’usine de production d’énergie nucléaire de Fukushima. A l’encontre des paroles du premier ministre Abe, la situation pourrait empirer beaucoup. Des milliers de travailleurs sont effectivement au milieu de l’usine. Il y a eu des fuites d’eau irradiée en août et à nouveau en octobre 2013 à l’usine de production d’énergie nucléaire de Fukushima Daiichi (à gauche). Ces fuites sont causées par des négligences dans la surveillance effectuée par les travailleurs. La décontamination de la station dépend hautement de travaux manuels. Les travailleurs ne sont pas membres de la société « Tokyo Electric Power Company ». Ce sont des travailleurs journaliers engagés par les sous-traitants ou envoyés par des agences d’intérim. Les travailleurs qualifiés sont partis, certains intentionnellement et certains à cause de la contamination radioactive trop forte. Beaucoup de travailleurs sont des amateurs inexpérimentés, y compris des fermiers âgés du district. Du fait que des fonds publics importants sont investis pour la décontamination, plusieurs centaines de sociétés, même des organisations de gangsters, s’y sont jointes. Il y a des problèmes pour les conditions de travail et des restrictions de salaires.

Fukushima1Même sans ces problèmes, c’est un site très dangereux avec beaucoup de tensions. Les travailleurs de l’usine de production d’énergie nucléaire (à droite) sont soumis chaque jour à des radiations, et même s’ils ont une certaine assurance quand ils travaillent, les symptômes physiques se manifesteront des années plus tard. Comment seront-ils pris en charge à ce moment-là ? La pénurie de travailleurs, qui s’accentue à la fois en nombre et en qualité, fait empirer les conditions de travail. En même temps le risque d’accidents augmente.

En revenant à l’Agenda de l’OIT, je ne peux pas appeler « travail décent » le travail à l’usine de Fukushima. Les travailleurs et les anciens travailleurs ont commencé à élever la voix. Il n’y a pas de considération, de respect, ni de diffusion du fait sur le site de leur travail. Je suis certaine que des travailleurs migrants seront invités dans un futur proche. Il y aura alors plus de soucis. Nous savons que certains travaux sont dangereux et difficiles mais décents. Nous ne pouvons éviter un travail dangereux et difficile pour restaurer et cesser l’opération du réacteur nucléaire, mais nous ne devrions pas traiter sévèrement les travailleurs. Lorsqu’il n’y a pas de droits humains, il est impossible de réussir une opération. Le « travail décent » n’est pas toujours en relation avec la pauvreté. C’est un problème de droits humains.

Ce que vous pouvez faire :

Apprendre davantage sur les travailleurs :   fukushima-travailleurs
Faire un tour de l’usine par vidéo :   youtube.com/watch ?v=0hGb3x_vJVc

Vous souvenir spécialement du peuple du Japon le 11 mars, 3e anniversaire de la catastrophe.

 

ONG : PLAIDOYER AU NOM DES INVISIBLES

photo 3Suivant une jolie coutume de l’Avent, différents personnages de la crèche, emballés dans des serviettes de papier pour les masquer, sont placés dans un panier. Chaque personne prend un personnage pour y réfléchir pendant les semaines qui conduisent à Noël. Cette année ma ‘compagne surprise’ était une sage-femme, quelqu’un qu’on ne trouve pas habituellement dans une scène de nativité, mais presque certainement présente lors de la naissance dans l’étable. Elle pourrait avoir été une femme de l’auberge ou une voisine appelée quand la jeune Marie est entrée en travail. Ceci m’a conduite à réfléchir à d’autres personnes invisibles dans l’histoire de Noël. Nous avons des bergers mais pas de bergères, des rois mais pas de reines, et même un tambourineur mais pas de tambourineuse. Aucune histoire n’est réellement complète que lorsqu’elle inclut tous ceux et celles qui sont présents à la scène et dont les contributions essentielles sont souvent négligées, alors et maintenant. Le fait de travailler aux Nations unies donne aux ONG beaucoup d’occasions de plaider au nom de ceux qui sont généralement privés de voix dans la prise de décisions globale, et de les amener avec leur compétence dans les lieux de pouvoir.

ESSEZ L’ESCLAVAGE DES TEMPS MODERNES : LE VATICAN ACCUEILLE UN SÉMINAIRE DE SCIENTIFIQUES ET DE MÉDECINS

stop-human-traffickingEn novembre 2013, à l’invitation du Pape François, les Académies vaticanes de sciences et des sciences sociales se sont réunies avec la Fédération mondiale des associations médicales catholiques pour examiner les problèmes de la traite des humains. Leur travail a abouti à un document ciblé de trois pages qui appelle tout le monde à s’occuper de l’esclavage des temps modernes.

Les organisations internationales, les gouvernements, les organisations de la société civile, le monde des affaires, le Saint-Siège, toutes les religions et toutes les personnes de bonne volonté, tous sont inclus dans leurs recommandations globales. Retrouvez-vous dans leur déclaration et agissez pour éradiquer la traite des êtres humains :

 www.icmc.net/system/files/activity/statementhumantrafficking_07_14nov_pdf_20873.pdf

               

EFFORTS CONTRE LA TRAITE DES HUMAINS : LA BOÎTE UN.GIFT VIENT À NEW YORK CITY

UN GIFT Box  à l’Abbaye de Westminster

UN GIFT Box
à l’Abbaye de Westminster

La boîte UN.GIFT est un projet novateur créé par l’ONG ‘STOP THE TRAFFIK’ (cessez la traite des humains) et l’initiative mondiale des Nations unies pour lutter contre la traite des humains (UN.GIFT). L’acronyme de cette institution est GIFT (cadeau). Ce projet a été lancé à Londres au cours des Jeux Olympiques de 2012. Les boîtes UN.GIFT sont des œuvres d’art publiques dans lesquelles on peut entrer ; elles attirent les gens à l’intérieur par des affiches telles que « Gagnez plus d’argent et soutenez votre famille. » Une fois à l’intérieur, les visiteurs sont mis face à la réalité des fausses promesses qui risquent d’aboutir à la traite des humains. www.ungift.org (en anglais)

STOP Trafficking in personsLe comité de l’ONG « Stop trafficking in Persons » (cessez la traite des personnes) apporte une boîte GIFT à New York City. La boîte sera exposée dans un lieu bien visible pendant les deux dernières semaines de janvier en vue de la ruée et de l’influx de visiteurs dans la région pour la coupe  de football « U.S. Football Super Bowl » du 2 février 2014.

NOUS SOUVENIR DE MANDELA : QUE SON HÉRITAGE CONTINUE

Samantha Power, représentante permanente des Etats-Unis aux Nations unies, fut une des nombreuses personnes aux Nations unies qui ont marqué le décès de Nelson Mandela, le 5 décembre 2013 :

« Aujourd’hui, une voix éloquente a été réduite au silence, un bel esprit s’est immobilisé, et un cœur généreux s’est arrêté. L’âme épique de Nelson Mandela est maintenant en repos.

Il est routinier de suggérer que l’héritage d’un homme ou d’une femme survivra à cette personne, mais dans ce cas-ci, le monde ne sera plus jamais le même, maintenant que Nelson Mandela l’a occupé. L’exemple de son leadership – de la prison à la présidence – d’un pays divisé par la peur à un peuple réconcilié grâce à la vérité et à la justice – durera toujours.

Nelson Mandela était un homme de profonde dignité. Alors que nous pleurons son décès et que nous célébrons sa vie, nous devons aussi trouver inspiration dans sa mémoire – en luttant quotidiennement pour promouvoir paix, liberté, et dignité pour les autres. »

Nelson Rolihlahla MandelaIl y a quinze ans, dans une adresse aux Nations unies, Mandela écrivit sa propre épitaphe : «En m’asseyant à Qunu et en devenant aussi ancien que ses collines, j’entretiendrai l’espoir qu’un cadre de leaders a émergé dans mon propre pays et ma propre région, dans mon continent et dans le monde, qui ne permettra pas qu’à quiconque on dénie la liberté comme on nous l’a déniée ; qui ne permettra pas que quiconque devienne un réfugié comme nous l’avons été ; qui ne permettra pas que quiconque ait faim comme nous avons eu faim ; et qui ne permettra pas que quiconque soit dépouillé de sa dignité comme nous l’avons été. »

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Pour un document d’arrière-plan sur l’histoire et l’œuvre de la Fondation Nelson Mandela, le Fonds des enfants de Nelson Mandela et la Fondation Mandela Rhodes, tout comme pour les détails sur la façon de soutenir leur œuvre, allez à : www.nelsonmandela.org/#info (en anglais)

Une video de 2 minutes sur le lancement de l’œuvre charitable lors de la retraite de Nelson Mandela :  http://youtu.be/X9jKQM3Mi9Q (en anglais)
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« Sonnez les cloches qui peuvent encore sonner,
Oubliez votre offrande parfaite.
Toute chose est fissurée.
C’est ainsi que la lumière pénètre. »
Leonard Cohen

RESPONSABILITÉ DE PROTÉGER : NATIONS UNIES ET PAYS EN CRISE

Illustration par Daryl Cagle, MSNBC.com

Illustration par Daryl Cagle, MSNBC.com

Au sujet de la situation désespérée actuelle en Syrie, une question souvent entendue est : « Pourquoi les Nations unies ne font-elles rien au sujet de cette crise ? » ; la plupart des gens pensent à des frappes militaires autorisées par l’ONU. Même si la charte des Nations unies reconnaît comme prééminente la souveraineté de chaque nation, les états membres peuvent entreprendre des actions fortes pour intervenir afin de protéger les vies de citoyens qui sont attaqués par leurs propres gouvernements.

Les diplomates considèrent les dimensions légales et morales de la protection des civils, même lorsque cela veut dire interférer dans les affaires internes d’autres pays. Cependant, une telle action significative contre un état membre n’est entreprise qu’en dernier ressort et seulement après que des tentatives répétées par des moyens appropriés diplomatiques, humanitaires et pacifiques ont échoué. Cette compréhension découle de l‘adoption par l’ONU, en 2005, de la résolution sur la responsabilité de protéger pour aider la communauté internationale à empêcher le génocide.

Trois piliers constituent cette résolution :

  • Le premier pilier insiste sur le fait que les états membres ont la responsabilité primordiale de protéger leurs populations de génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité.
  • Le deuxième pilier traite de l’engagement de la communauté internationale à fournir assistance aux états membres en renforçant leur capacité de protéger leurs populations de génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité, et d’assister ceux qui sont sous tension avant que n’éclatent crises et conflits.
  • Le troisième pilier se centre sur la responsabilité de la communauté internationale de passer à une action décisive au bon moment pour prévenir et arrêter génocide, crimes de guerre, nettoyage ethnique et crimes contre l’humanité quand un état membre échoue manifestement à protéger sa population.

Pour lire une prise de position sur la prévention et la protection, allez à : http://tmblr.co/ZO51uurFCKLa (l’auteur insiste sur l’importance de la prévention)

PARTICIPEZ À LA CAMPAGNE « CŒUR BLEU »

Le cœur bleu symbolise le désespoir des victimes de la traite et nous rappelle la cruauté de ceux qui achètent et vendent d’autres êtres humains. L’utilisation de la couleur bleue des Nations Unies démontre également la volonté de l’Organisation de combattre ce crime contre la dignité humaine. 

Les Nations unies ont lancé le Fonds volontaire de fidélité des Nations unies pour les victimes de la traite des personnes. Le fonds a été établi suite à l’adoption, par l’Assemblée générale en juillet 2010, du plan mondial d’action des Nations unies pour combattre la traite des personnes, qui exhorte les gouvernements à entamer des étapes coordonnées, globales et cohérentes pour combattre un tel trafic et pour adopter une approche basée sur les droits humains. Le fonds aidera des gouvernements, aussi bien que des organisations intergouvernementales et non gouvernementales, à protéger et soutenir des victimes de la traite humaine, de sorte qu’elles puissent guérir de leurs blessures physiques et psychologiques.  www.unodc.org/blueheart/fr/index.html

LA RÉSOLUTION 1325 : UNE DÉMARCHE POSITIVE

non a la guerre

En 2000, le Conseil de sécurité de l’ONU a passé la Résolution 1325 « … Demande instamment aux États Membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions […] pour la prévention, la gestion et le règlement des différends… » Treize ans plus tard, seuls 36 pays ont un plan national pour appliquer la résolution 1325. Si votre pays est un des 36, assurez-vous que votre plan national est mis en œuvre.

MaryRobinsonBan-Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a nommé récemment Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande et Haut Commissaire des Nations unies pour les droits humains, pour aider à mettre fin à la longue et terrible guerre au Congo qui, comme toutes les guerres, affecte le plus négativement les femmes et les enfants. Impliquer officiellement une femme expérimentée dans des négociations de paix est une démarche positive.  http://bit.ly/14oUwPE

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Regardez des danseurs du théâtre de l’ombre hongrois qui
montrent le coût humain de la guerre : http://bit.ly/175N95o

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UNE DÉTERMINATION TRÈS ANCIENNE : PRÉSERVER LES GÉNÉRATIONS FUTURES DU FLÉAU DE LA GUERRE


Nous, Peuples des Nations Unies,
résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre …
et à pratiquer la tolérance, à vivre en paix
l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage …
avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins.
Charte des Nations Unies, 1945

© YURI CORTEZ AFP/Getty Images

© YURI CORTEZ AFP/Getty Images

Bonne nouvelle : Le Traité sur le commerce des armes a été ouvert à la signature le 3 juin 2013 au Siège des Nations Unies, 67 pays l’ont signé ce jour-là. Maintenant commence le dur travail : obtenir qu’il soit ratifié dans les législations nationales. Le traité ne sera effectif que lorsque 50 pays l’auront ratifié. Mettez la pression sur votre pays pour qu’il le signe et le ratifie, et qu’ainsi il prenne position pour la paix dans notre monde.
www.un.org/disarmament/ATT/ (en anglais, français et espagnol ; le site s’ouvre en anglais mais, un peu plus bas, se trouve en 3 langues l’article sur la procédure de ratification).

Il faut que nous décidions que nous ne partirons pas en guerre,
quelle que soit la raison invoquée par les politiciens ou les media,
parce qu’à notre époque 
la guerre se fait toujours sans discrimination,
une guerre contre des innocents, 
une guerre contre des enfants.
La guerre est du terrorisme multiplié par cent.
Howard Zinn

UN RÊVE QUI NOUS RÊVE TOUS ET TOUTES : UN MONDE SANS GUERRE

Il y a un rêve qui nous rêve.
Bushman (indigène) de la terre de Kalahari

Dans l’article 9 de la constitution japonaise, le pays s’engage à ne jamais faire usage de la force, sauf pour se défendre. Quelle merveilleuse réalisation ce serait si toutes les nations du monde prenaient le même engagement ! Pour le moment, certains sont en train de travailler au Japon pour faire tomber cet article dans le cadre d’une révision de la constitution. On espère qu’au contraire le peuple japonais choisira de garder cet article et qu’ainsi il continuera à proclamer que la guerre n’est pas une solution justifiable pour résoudre des différends.

第九条

日本国民は、正義と秩序を基調とする国際平和を誠実に希求し、国権の発動たる戦争と、武力による威嚇又は武力の行使は、国際紛争を解決する手段としては、永久にこれを放棄する。

前項の目的を達するため、陸海空軍その他の戦力は、これを保持しない。国の交戦権は、これを認めない。

« Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux.

Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu. »

Le Traité historique de commerce des armes, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en avril 2013 pour réguler les ventes d’armes mondiales, est programmé pour entrer en vigueur lorsque 50 nations l’auront ratifié. Comme nous toutes encourageons les dirigeants de notre pays à signer ce traité important le 3 juin et ensuite à le ratifier dans notre loi nationale, continuons à rêver et à travailler pour un monde où on n’aura plus besoin de tels traités sur les armes. www.un.org/disarmament/ATT/  (anglais, espagnol, français)

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