CE QUE PORTENT LES FEMMES : DE LOURDS FARDEAUX, MAIS PUISSANCE (POUVOIR) ET COURAGE AUSSI

Beijing+20-Logo-FrenchLors d’une récente session de l’ONU, une des déléguées a fait le commentaire suivant : « Les rôles stéréotypés des genres divisent le monde entre ceux qui produisent et celles qui reproduisent. » Vingt ans après que la Conférence mondiale de Beijing sur les femmes ait visé à atteindre une plus grande égalité et opportunité pour les femmes, les vues stéréotypées sont toujours évidentes dans de nombreuses parties du monde. Tant dans les pays en développement que dans les pays développés, les femmes sont encore souvent réduites aux rôles d’enfantement tandis qu’on s’attend à ce que les hommes endossent les rôles de leadership.

Même si cette attitude est répandue, cela ne veut pas dire qu’elle est acceptable. Au détriment de tous et toutes, ces vues ignorent la puissance et le courage des femmes et leur place essentielle dans le progrès de la société. Les droits des femmes et des filles sont des droits humains ; ce ne sont pas simplement des « problèmes de femmes »’, mais des domaines dont les hommes aussi bien que les femmes doivent s’occuper si toutes les personnes doivent prospérer.

www.beijing20.unwomen.org/fr       www.empowerwomen.org (en anglais)

Regardez What Women Carry (Ce que portent les femmes) :
http://bit.ly/1JizRFH (en anglais)


Des bâtons en fagot sont incassables
.
Proverbe kényan

CONDITION DE LA FEMME 2015 : DÉFIS ET RÉALISATIONS ACTUELS

La Commission de l’ONU sur la condition de la femme (CSW), qui se rassemblera ce mois-ci à New York, se focalisera sur la Déclaration et la plateforme pour l’action de Beijing 1995, en incluant les défis actuels qui affectent sa mise en œuvre et la réalisation de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. A ce jour, 1100 organisations ont introduit 8600 personnes individuelles en pré-inscription pour participer à CSW59. Les gouvernements vont organiser 188 événements en annexe et les ONG prévoient de présenter 450 événements parallèles — un nombre record.

Alla Baranovskaya, Maura Browne, Diana Eusebio, Amarachi Ezeonu, Jo-Ann Flora, Cristina Igoa, Rosalind Reynolds, et Robert Solomon rejoindront Mary Jo Toll et Jean Stoner comme participants à CSW cette année. www.unwomen.org/fr/csw/csw59-2015    Suivez CSW sur UN webcast : webtv.un.org/ (choisissez votre langue)

Célébrer la Journée internationale de la femme le 8 mars :  http://bit.ly/1N64UnN


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ENFANTS RÉFUGIÉS DANS DES CAMPS : LEUR RENDRE LEUR ENFANCE

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Par Grace Amarachi Ezeonu, SNDdeN
Le quartier général de l’ONU à New York était une ruche en activité au moment où les états membres se réunissaient pour la 53e Commission sur le développement social du 4 au 13 février. Les participants incluaient des représentants de plusieurs organisations de la société civile avec statut consultatif à l’ONU. Quelques organisations non gouvernementales (ONG) ont organisé des événements annexes sur des questions sociales bien choisies. Un tel événement, co-parrainé par le comité des ONG sur la migration et présidé par Mary Jo Toll, s’intitulait : Rendre l’enfance aux enfants des camps de réfugiés.” Les intervenants de ce panel étaient des personnes spécialisées dans divers domaines de psychologie, éducation, santé mentale et droits humains. Ils ont examiné l’impact psycho-social du manque d’intégration des enfants réfugiés des camps dans la vie sociale et culturelle des pays hôtes, et ses implications à la fois pour les jeunes et pour les pays hôtes, à court terme et à long terme.

Photo : UNHCR

Photo : UNHCR

Un des membres du panel a noté que les statistiques actuelles du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (www.unhcr.fr/) indiquent qu’il y a environ 15,4 millions de réfugiés dans le monde et que près de la moitié de ceux-ci sont des enfants et des jeunes. La vie dans les camps de réfugiés peut être déstabilisante, socialement et psychologiquement, pour des enfants qui ont déjà eu leur propre part de chocs émotifs suite aux circonstances qui les ont déracinés de la sécurité de leur famille et de leur patrie.

Les intervenants ont expliqué que, dans les camps de réfugiés, beaucoup d’enfants sont exposés à la violence, ils ont perdu leur foyer, leur identité, leur famille et leurs pairs ; leur scolarité est interrompue, leur santé physique est médiocre, ils souffrent de malnutrition, d’infections et subissent plusieurs autres épreuves. Dans de nombreuses situations, à la souffrance des enfants se mêle aussi un sentiment d’exclusion ou d’aliénation de la culture et de la vie sociale du pays hôte, puisqu’ils sont souvent confinés dans l’environnement du camp.

Mary Jo Toll, à droite, modératrice du panel

Mary Jo Toll, à droite, modératrice du panel

Les facteurs ci-dessus additionnés, expliquaient-ils, pourraient avoir un effet psycho-social négatif sur les enfants réfugiés qui vivent dans des camps. En retour, ceci peut aussi affecter négativement le pays hôte à long terme, parce que le sentiment d’être exclu socialement par certains membres d’une société peut agir de catalyseur pour le conflit ou la violence. Par conséquent, pour éviter ou au moins pour minimiser cet effet psycho-social négatif, une des participantes suggère un contact culturel entre les enfants réfugiés et le pays qui les accueille, comme alternative importante pour les camps à long terme pour l’intégration des réfugiés dans leur société hôte. Elle avertit que, si on ne le fait pas, cela pourrait aggraver les problèmes sociaux, l’agitation sociale et l’instabilité. Même si elle reconnaissait que la culture peut être parfois un facteur de division, elle croit aussi que la culture peut agir comme un élément de base pour la résilience psychologique et un tampon contre l’adversité. Par conséquent, elle recommande qu’en plus d’offrir des opportunités éducationnelles et économiques, il faut aussi fournir activement l’intégration culturelle et psychologique aux enfants réfugiés, tout en leur accordant la liberté de retenir des aspects de leur identité culturelle de leur patrie. Pour en savoir plus : ngo-migration.org/children-in-detention/ (en anglais)


De quoi s’agit-il? Rien moins que la survie
et le bien-être d’une génération d’innocents.
António Guterres, Haut-Commissaire de l’agence des Nations unies pour les réfugiés


FILLES : PARTENAIRES DÉCISIVES MAIS NÉGLIGÉES DANS LE DÉVELOPPEMENT

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Aux Nations unies à New York, le groupe de travail sur les filles a soumis récemment une déclaration convaincante à la considération de la 59e session de la Commission de l’ONU sur la condition des femmes qui se tiendra en mars 2015. Aux côtés de beaucoup d’autres ONG, les Sœurs de Notre-Dame de Namur ont soutenu cette déclaration en faveur de la nécessité pour les voix des filles d’être « représentées dans tous les domaines de la vie civique : éducation, emploi, santé, sécurité, économie, technologie, environnement, et construction de la paix. » Les filles sont des partenaires décisives mais négligées dans le développement, qui ne peuvent être laissées en arrière. Le document contient six principales recommandations à affirmer par les gouvernements participants en mars :

  • Rejeter toutes les formes de violence et les pratiques nuisibles contre les femmes et les filles
  • Reconnaître les droits humains des filles dans toutes les phases du cycle vital
  • Changer les profondes attitudes culturelles négatives envers les femmes et les filles
  • Traiter la féminisation persistante de la pauvreté
  • Faire reculer les taux de mortalité infantile et maternelle
  • Mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes, y compris le recrutement d’enfants soldats.

Ce que vous pouvez faire

Lire la déclaration du groupe de travail sur les filles :  girlsrights.org/2014/10/wgg-statement-csw-59  (en anglais uniquement)

Regarder un graphique en français sur l’inégalité des genres : http://bit.ly/1pcSkdt

Signer la pétition pour que les filles aient accès à la technologie : globalfundforwomen.org/be-the-spark   (en anglais uniquement)

Prendre la parole aux niveaux local et national sur la question des droits des filles


L’équation est simple : lorsque les filles sont en bonne santé et vont en classe,
lorsque les cadres légaux et l’accès aux finances soutiennent les femmes,
lorsque les vies des femmes sont exemptes de violence et de discrimination, les nations prospèrent.
Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU

ELARGISSEZ LE CERCLE : PARTICIPEZ À DES RÉUNIONS DE L’ONU EN 2015

UNmeetingPar l’intermédiaire du bureau de l’ONG des Sœurs de Notre-Dame de Namur, des personnes ont la capacité de participer à des réunions majeures de l’ONU. Il n’y a pas de droit d’entrée pour suivre ces séances de l’ONU, mais les participants sont responsables de leurs frais de transport, de logement et de restauration. Des fonds sont disponibles pour aider des Sœurs de Notre-Dame de Namur qui viennent d’Amérique latine et d’Afrique. Si vous êtes intéressée à participer à une réunion importante de l’ONU en 2015, contactez Jean Stoner dès que possible à SNDatUN@sndden.org

Du 4 au 13 février 2015 : 53e Commission sur le développement social      (New York)
Thème :  Repenser et renforcer le développement dans le monde contemporain
un.org/News/fr-press/docs/2014/SOC4816.doc.htm

Du 9 au 20 mars 2015 : 59e Commission de la condition de la femme      (New York)
Thème : Un examen des progrès réalisés dans l’application de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing 1995   www.unwomen.org/fr/csw/csw59-2015

Du 13 au 17 mai 2015 : 14e Commission on Population and Development     (New York)
Thème : Réaliser l’avenir que nous voulons : intégrer les problèmes de population dans le développement durable, y compris l’agenda du développement après 2015
www.un.org/en/development/desa/population/commission/sessions/2015/index.shtml (en anglais)

Du 13 au 16 juillet 2015 : 3e International Conference on Financing for Development    (Addis Ababa)
Thème : Revigorer et renforcer le processus de financement en vue du développement et traiter des questions nouvelles et émergentes   www.un.org/esa/ffd/consultations/index.htm  (en anglais)

 

PROJET PHOTOVOLTAÏQUE DES SND : LA ‘PUISSANCE DU SOLEIL’ BRILLE AUX NATIONS UNIES

L’essentiel de numéros précédents (2012) :

Lors d’un événement spécial durant la récente Commission des Nations unies sur le développement social, Sister Kristin Hokanson a parlé de l’impact global de notre projet photovoltaïque historique au Congo et au Nigéria. Directrice et fondatrice de l’Ecole virtuelle Notre-Dame (NDVS), Kristin a mis en lumière les projets spéciaux d’éducation qui lient les écoles Notre-Dame dans le soutien au projet photovoltaïque. Grâce à la technologie, les étudiant(e)s de NDVS à travers le monde analysent les graphiques électriques qui proviennent des sites du projet au Congo et au Nigéria ; ils étudient la puissance du soleil et les systèmes de purification de l’eau, et ils utilisent l’électronique pour se connecter entre eux. Vraiment la puissance du soleil brille partout !

Kristin Hokanson, SNDdeN

« L’expérience m’a fait réaliser comment une idée de construire de l’énergie engendrée par le soleil peut unir une communauté pour atteindre des buts qui soutiennent la vie. Aux Nations unies j’ai observé des ONG qui luttent pour créer un monde dans lequel tous vivent avec dignité et respect. Une clé de l’éradication de la pauvreté est l’usage de notre réseau de technologie où nous pouvons communiquer selon des manières qu’on n’aurait jamais cru possibles. C’est grâce à tous les types de technologie que nous sommes en train de créer un monde meilleur, et quelle meilleure place pour partager cette expérience que les Nations unies. »    www.elanguages.org/171170


Mise à jour :
En 2013, pour le 10e anniversaire du projet « puissance du soleil », les Sœurs de Notre-Dame se sont embarquées dans une campagne pour récolter un million de dollars supplémentaire pour établir des sites complets additionnels au Congo et fournir de l’équipement et des matériaux supplémentaires à de multiples sites au Nigéria.

www.sndden.org/en/news-and-events/photovoltaic-project/ (en anglais seulement)

 

FEMMES ET ART : TRANSFORMATION DE LA SOUFFRANCE PRODUITE PAR DES HOLOCAUSTES

Glòria Rognoni Planas

Glòria Rognoni Planas, de Sant Cugat del Vallès près de Barcelone, a participé, comme faisant partie de la délégation de notre ONG, à la Commission de mars sur la condition de la femme (CSW). Lors d’un événement parallèle de la CSW, une artiste a parlé d’aider les femmes à traiter la souffrance grâce à l’art. Glória, ancienne actrice et directrice actuelle du groupe de théâtre social Femarec, partage ses perceptions de cet événement « qui confirme comment l’art est capable de faire grandir non seulement l’artiste, mais aussi le spectateur (la spectatrice). »

Peinture par Anne Kantor Kellett

Peinture par Anne Kantor Kellett

Glòria écrit : « Anne Kanto Kellett a été élevée par des parents qui ont survécu à l’Holocauste. Elle dit que sa mère lui a toujours transmis la douleur qu’elle a soufferte. Elle nous a montré une photo où vous pouvez voir le regard profond, indéfini, triste, perdu de sa mère. Emue par le génocide au Rwanda, Anne a décidé d’y aller pour aider les survivant(e)s. Lorsqu’elle est entrée en contact avec eux(elles), c’était comme si elle trouvait sa propre famille. « Quand vous n’avez pas de famille, les autres survivants deviennent votre famille. » Elle trouve ce même regard perdu de sa mère sur le visage d’un homme. Elle nous montre le portrait : impressionnant, c’est exactement le même regard… Elle nous dit que la souffrance produite par les holocaustes, où qu’ils aient lieu, est la même pour tous les êtres humains qui en souffrent.

Sculpture par Anne Kantor Kellett

Sculpture par Anne Kantor Kellett

Elle évoque toutes ses émotions par l’art. Elle prend des photographies, peint des
peintures abstraites, et elle sculpte aussi.

 Ses sculptures de bois, très impressionnantes, reflètent aussi la même souffrance,
mais chaque sculpture libère un peu de la souffrance. Elle nous montre des illustrations
où les cous sont longs et tortueux et soutiennent des têtes dans la peine.

Anne nous fait remarquer l’évolution : la dernière photo de cette série montre la moitié d’un corps de femme, aussi avec un très long cou, sous lequel vous pouvez voir les poumons et les côtes, mais la femme regarde vers le haut, et à côté des poumons jaillissent deux ailes d’espoir. Voilà, dit-elle, comment elle se sent maintenant et comment elle souhaite transmettre son évolution. A la fin elle montre encore une autre illustration d’une de ses peintures abstraites, une très grande toile avec de forts traits de brun et de noir du côté gauche. A droite il y a une grande tache rouge. En face de la peinture se tient son fils de treize ans, avec un regard lumineux. Anne dit que le regard de son fils est aussi un produit de l’art et c’est ainsi qu’elle regarde la vie maintenant. » www.kantorkellett.com 

(Article traduit de l’espagnol par Guillermo Ayesa Igoa)

 

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